Afin de poursuivre les efforts de mon grand-père Robert COUVIN, Déporté Résistant aux camps de DACHAU et NECKARGERACH, pour ne pas vivre indéfiniment en ignorant le mal qui s'est fait.
Tout au long des routes et des voies ferrées tombent, de loin en loin, au passage des convois, de menus papiers griffonnés à la hâte. Chacun veut rassurer sa famille, ses amis.
Mais les inscriptions relevées sur les murs des prisons et des camps, comme ici à Drancy expriment la même confiance, le même espoir.
Les convois vers les camps de concentration et les camps d'extermination s'effectuent dans des wagons à bestiaux où l'on entasse jusqu'à 100 et 120 personnes. Le voyage s'étire sur des jours et des nuits. Beaucoup ne résistent pas à la soif, à l'asphyxie, au supplice de la promiscuité.
" Ils étaient vingt et cent
Ils étaient des milliers
Nus et maigres tremblants
Dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit
De leurs ongles battants
Ils étaient des milliers
Ils étaient vingt et cent."
Dès son arrivée au camp, le déporté mis à nu, est dépouillé de tout bagage et du moindre objet personnel. Pas encore amaigri, mais les cheveux entièrement rasés, il va endosser la tenue rayée du bagnard et va devenir un Häftling (détenu).
Il est immatriculé, photographié, fiché. Désormais, il n'est plus qu'un numéro.